Conques

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Dans un premier temps, le monastère de Conques ne semble pas avoir groupé autour de lui une population nombreuse. Or, deux siècles plus tard, peu après l'an Mil, le Livre des miracles de Sainte-Foy révèle l'existence d'une «ville importante, assise sur la colline au-dessus du monastère». En effet, ce dernier était devenu entre temps un pôle d'attraction pour les habitants de la région. Non seulement ses moines offraient un marché appréciable, mais le courant commercial né du pèlerinage, avec sa clientèle sans cesse renouvelée, ne pouvait qu'encourager le peuplement.

L'hospitalité payante chez le particulier ou l'aubergiste devient une autre source de profit, car les religieux ne peuvent certainement pas assurer la nourriture et l'hébergement de tous les pèlerins. La rue dite de «la Mounedo» (la monnaie) conserve sans doute le souvenir des changeurs et autres prêteurs à gage qui y tenaient boutique, tandis que les cordonniers se regroupaient au-delà de la Porte de la Vinzelle. Les moines bénédictins installent des tenanciers sur les terres reçues en donation. Et, en redistribuant une part des offrandes des pèlerins, ils attirent à eux tous les miséreux. Aussi les mendiants sont-ils légion à Conques. Enfin, dans la deuxième moitié du XII siècle, l'ouverture presque simultanée des grands chantiers de construction de l'abbatiale, du cloître et des bâtiments conventuels, des remparts de la ville, provoque un appel de main-d'oeuvre considérable.

En 1341, Conques comptait encore 730 «feux», c'est-à-dire 3000 habitants environ, et se plaçait au septième rang parmi les villes du Rouergue. Il ne s'agit donc pas d'un simple village, mais d'une agglomération à caractère urbain, avec ses remparts, ses institutions municipales - quatre consuls renouvelables tous les ans - et ses activités commerciales variées. A la fin du Moyen Age, il semble même que la fonction de marché régional vienne relayer l'apport des pèlerinages, maintenant sur le déclin. Le roi Charles VII autorise l'établissement de foires annuelles et d'un marché hebdomadaire. La halle, avec ses mesures à grains encastrées dans le mur, subsistera jusqu'à la fin du XIXème siècle. Depuis 1326 il existe un poids public pour les blés portés aux moulins de l'Ouche et du Dourdou. Et les consuls consacrent les revenus du droit de pesée à l'entretien des chemins et des ponts.

Mais bientôt arrive le temps des malheurs. À l'incendie allumé par les protestants en 1568, responsable de la destruction d'une partie du bourg, succèdent famines et épidémies. La peste de 1628 fut tout particulièrement meurtrière. Ensuite, une série de mauvaises récoltes déclenche une nouvelle vague de mortalité. Au milieu du XVIIIème siècle, ses habitants sont moins d'un millier; à la veille de la Révolution de 1789, six cent trente seulement. Les vignerons et les simples ouvriers agricoles constituent maintenant, avec les mendiants, la plus grande part de la population conquoise.

La Révolution de 1789 supprime le chapitre et disperse les chanoines. Les pièces d'orfèvrerie du Trésor sont alors cachées par les habitants dans leurs maisons ou dans les séchoirs à châtaignes des environs. Et avec le rétablissement de la paix religieuse par Bonaparte, les objets sont scrupuleusement restitués. Les chanoines assuraient à leurs frais l'entretien de leur église. Après leur départ, la municipalité de Conques, faute de moyens financiers suffisants, se contente de déplorer désormais le triste état d'abandon de l'édifice. Menacé d'effondrement par manque d'entretien, il est sauvé "in extremis" à partir de 1837 grâce à l'action énergique du premier inspecteur des Monuments historiques, l'écrivain Prosper Mérimée. Après l'installation des pères prémontrés à Conques en 1873, un grand programme de restauration est mis en oeuvre. Depuis cent cinquante ans, l'administration des Monuments historiques a poursuivi l'oeuvre de sauvegarde et de mise en valeur de ce patrimoine prestigieux.

La foule des touristes a pris la relève de celle des pèlerins sur le parvis de l'église ou autour de la Majesté d'or de sainte Foy. Les motivations ne sont plus les mêmes, mais le décor, lui, n'a pas changé.

L'abbatiale et le cloître, qui renferment tant de richesses, se trouvent à leur tour enchâssés au milieu d'un village et d'un site exceptionnels. À la différence de Saint-Sernin de Toulouse et de tant d'autres églises urbaines, Sainte-Foy bénéficie de l'environnement d'un bourg médiéval qui, avec ses ruelles pavées, ses fontaines romanes, son four banal même, a su garder son authenticité, les maisons à pans de bois coiffées de leurs hautes toitures de schiste argenté, l'ancien hospice des pèlerins, le château d'Humière, se pressent toujours autour de l'église et forment avec elle un ensemble indissociable.


Mettant leurs pas dans ceux des pèlerins de Compostelle, les touristes modernes ont encore le privilège de franchir les portes de la ville, ouvertes dans l'enceinte de remparts assez bien conservés. Au-dela de la porte du Barry - c'est-à-dire du Faubourg - ils dévaleront la pente de la rue Charlemagne bordée de vieilles demeures jusqu'au pont "romain" en dos d'âne qui enjambe le Dourdou, en direction d'Aubin. Par la porte de la Vinzelle, d'où s'échappait le chemin de Figeac, ils pourront monter au plus haut des remparts dominant l'église et le village.

Cafes et restaurants ouvert en été.

Le village, très bien préservé

L'abbatiale de Saint Foy

 

Un détail du tympan
Les portes des cieux et de l'enfer
À l'intérieur de l'église
La ruelle qui descend au pont roumain
Sarcophages en pierre
   
Un diablotin au tympan...

 

 

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